Je commence par la Tunisie, mon pays, révolutions, changements, nouveau gouvernement, manifestations, contre-manifestations, constitution, protection de la révolution, islamisation, lutte contre la corruption, etc
La Tunisie est un laboratoire en cette période où l'espoir comme le désespoir se passent la main.
Ca se calme et ça se renverse, ça joue la transparence et ça joue les manigances, ça crie la joie et ça crie la peur, ça danse dans tous les sens.
Quelle Tunisie nous allons avoir demain? Aucune idée
Quel avenir pour les milliers de jeunes sortis manifester? des emplois ou la voie de l'émigration?
De mes 150 m², je réfléchis, je regarde émission après émission, je lis article après article et je me dis, c'est encore flou, je ne vois pas le bout du tunnel.
Et comme si la cause tunisienne a elle seule n'était pas suffisante, l'actualité a voulu que l'Egypte vive la même situation, en reproduisant le scénario tunisien, à quelques détails près.
Ben Ali parti, Moubarak aussi, nous voilà face à une crise libyenne sans précédent : un psychopathe du nom de Kadhafi déclare la guerre à ses concitoyens.
Pareil, je multiplie les vidéos, les émissions, les débats, les lectures, mais que m'ajoute tout ça, à part un chamboulement encore plus grand.
Suivre l'actualité et lire les journaux est mon activité principale, c'est mon métier. Je ne peux donc pas zapper et m'abstenir de suivre ce qui se passe dans le monde.
J'essaie de passer à autre chose, d'aller de l'avant, de me dire, je vais faire quelque chose pour mon pays, mais je reste coincée, coincée de l'actualité, qui l'emporte sur ma raison.
Tantôt je condamne les uns, tantôt je condamne les autres, tantôt je culpabilise, tantôt j'essaie de trouver des solutions, et dans ce magma, je continue de baigner.
Pourquoi je m'exprime ici, parce que je n'ai à qui le dire : j'en ai marre des commentaires sur facebook qui ne font qu'alimenter mon désarroi, j'en ai marre de faire tourner les mots et les scénarios dans ma tête sans trouver d'issue, j'en ai marre de parler de la Tunisie, de l'Egypte, de l'Algérie, de la Libye, du Maroc, du Yémen et du Barheïn à quelqu'un qui ne s'intéresse pas du tout à ce qui se passe dans le monde arabe. Voilà, je m'exprime ici, pour essayer de comprendre, de me comprendre, de réfléchir et d'aller de l'avant.
Amira Dridi

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